J8 – Bilan semaine 1

Après une semaine, l’adaptation physique passe mais le sentiment de liberté s’amoindrit. Je me sens comme emprisonné dans un milieu qui n’est pas le mien et le fauteuil me rappelle chaque jour que je ne peux pas récupérer et profiter de mon quotidien comme je le souhaiterais.

Au-delà de la colère, de la frustration et de ce sentiment d’impuissance face à un quotidien chamboulé par l’inadaptation de notre milieu urbain, je souhaite vous faire partager quelques réflexions.

Pour une ville plus accessible

“Une ville est un milieu physique où se concentre une forte population humaine, et dont l’espace est aménagé pour faciliter et concentrer ses activités” (source Wikipédia)

J’aime assez cette définition car elle caractérise très bien l’importance de l’accessibilité pour tous.

“Une population humaine”. 

En effet, une population; composée de 66 millions de personnes en France, dont 12 millions avec un handicap visible ou invisible. Cela fait beaucoup de monde !
1 personne sur 5 est donc en situation de handicap. Regardez autour de vous, votre voisin cache peut-être bien son jeu ! 🙂 De mon côté, si je prends l’ensemble des personnes qui sont dans l’agence aujourd’hui, nous avons tous un petit handicap visible ou invisible et qui, de temps en temps, nous demande des adaptations pour nos activités ou nos loisirs. (Je ne compte pas les 21 jours en fauteuil)

“Humaine”, que signifie ce mot ? “Ce qui est relatif à l’homme” ! (Larousse). Très bien, cela nous concerne donc tous; nous les bipèdes que nous sommes. Mais au-delà de notre umbilicus*, il y a le mot humaine, qui exprime un haut degré de sensibilité et de compréhension propre à l’homme et donc de l’autre.
J’ai cherché un synonyme du mot humain sur une plateforme web. Et le premier mot qui en est ressorti c’est : accessible. Drôle de coïncidence !
(*umbilicus : nombril)

“Faciliter” 

Tout est dit ! L’espace est aménagé pour faciliter l’installation des activités économiques, sociales et culturelle de la ville. Mais quel serait le bilan économique d’une ville si elle ne facilite pas l’accès à ses usagers ?

La ville est un vaste espace où chaque époque a déposé sa marque.
En tant qu’architecte, nous sommes actuellement confrontés à différents enjeux, liés aux nouveaux modes de vie de la population, aux nouvelles « cultures urbaines » et à de nouvelles démarches. Au-delà de la simple construction, l’architecte doit alors avoir une réflexion urbaine et paysagère globale qui intègre les contraintes d’un site ne se réduisant pas seulement aux limites de la
parcelle. Il est au cœur des questionnements sur l’évolution des villes et de ceux qui la composent.
Cela nécessite un travail supplémentaire d’analyse et de compréhension, afin de projeter et de partager des objectifs dans le but d’établir un projet architectural et urbain tout en respectant l’environnement et ses usagers.

Établir un projet ne doit pas alors être considéré comme un événement unique mais comme l’interférence d’un lieu avec des “us”  et des “âges”. 

 

Crédit photo: © Alexandre GELAY

 

One comment

  1. citation : “Cela nécessite un travail supplémentaire d’analyse et de compréhension”.
    C’est tout à fait exact et c’est là que les problèmes commencent s’agissant d’accessibilité.
    Combien de cabinets d’archi refusent de mettre la main à la poche pour pousser la démarche jusqu’au bout ?
    Combien d’administrations font la sourde oreille lorsqu’elle sont confrontées aux mêmes problématiques ?
    Trop … beaucoup trop, à ce jour.

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